Collusion et pantouflage : quand le lobby bancaire met la main sur la haute administration

Hollande le souhaite : c’est un ancien de chez BNP qui va être nommé à la tête de la Banque de France et de l’autorité de contrôle des banques, si le Parlement l’approuve. Conflit d’intérêt ? Collusion ? Menace pour la régulation bancaire ? Une décision symbole de la porosité entre banquiers et instances chargées de leur contrôle, qui explique en partie le laisser-faire coupable et l’inaction des régulateurs et responsables politiques face à la finance. Enquête sur les ressorts de l’influence considérable du lobby bancaire sur la haute fonction publique et nos dirigeants politiques. (Bastamag 28/09/15)

Le pantalon de Mathieu Pigasse

Ayant travaillé à Bercy sur la réforme des Caisses d’Epargne mais aussi sur les privatisations d’Air France et France Télécom, la création d’Areva et EADS au temps des ministres Strauss-Kahn puis Fabius, il peut apporter en 2005 au patron new-yorkais de la banque Lazard, Bruce Wasserstein, l’entrée des Caisses d’Epargne dans leur capital, un atout incontestable au moment où la banque d’affaires s’introduit en Bourse. Au sein de cette institution financière, il connaît ensuite une ascension fulgurante en devenant le roi des dettes souveraines, parce qu’il restructure les dettes d’Etats comme l’Argentine, l’Irak, l’Equateur. Et la Grèce. (Mediapart 03/02/15)