Barroso à Goldman Sachs : l’arbre qui cache la forêt

Vendredi 8 juillet, la banque d’affaires américaine Goldman Sachs a annoncé avoir engagé l’ancien président de la Commission européenne José Manuel Barroso pour la conseiller. Cette annonce a provoqué de vives réactions. Pour Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles, ça n’est pas moins qu’un «bras d’honneur à l’Europe». Dans son interview du 14 juillet, François Hollande a quant à lui jugé «moralement inacceptable» le recrutement de l’ancien président de la Commission par Goldman Sachs. Ce pantouflage spectaculaire est pourtant un arbre qui cache la forêt : à la Commission comme dans la fonction publique française, de tels allers retours entre administration et grandes entreprises sont monnaie courante.

José Manuel Barroso rejoint Goldman Sachs comme président non exécutif. (Crédits : Reuters) Continuer la lecture de Barroso à Goldman Sachs : l’arbre qui cache la forêt

La pantoufle d’or

Affichée en quatre mètres par trois sur les murs des métropoles européennes, cette annonce remplacerait bien des cours d’éducation civique : «Mme Neelie Kroes, conseillère spéciale auprès de la Bank of America Merrill Lynch, ancienne vice-présidente de la Commission européenne chargée de la stratégie numérique et ancienne commissaire européenne chargée de la concurrence, a rejoint le comité chargé de conseiller le service américain de réservation mobile de voitures avec chauffeur Uber.» Précision exquise, ledit comité «doit conseiller l’entreprise sur des questions de régulation, de politiques publiques ou d’image» (La Correspondance de la presse, 9 mai 2016). En d’autres termes, l’ex-plus haute fonctionnaire européenne chargée de réguler l’activité d’Uber travaille désormais comme lobbyiste pour Uber. L’art du pantouflage — vendre au privé une influence acquise dans le public — atteint ici son apothéose. (Le Monde diplomatique, 07/16)

La Commission européenne gangrénée par les lobbys et conflits d’intérêt?

Peut-on servir l’intérêt public lorsque l’on défend des intérêts privés ? La question a été maintes fois posée à Bruxelles, tant le lobbying y est puissant et les conflits d’intérêts nombreux…(Sud Ouest, 30 octobre 2015)