MEDEF et PS, 30 ans d’amour

La dictature des marchés ? La libre circulation des marchandises, à travers l’Europe et le monde ? Les centaines de milliards qui s’évadent, chaque jour, de Paris à Panama ? Tout ça n’est pas tombé du ciel, tout seul, comme la pluie ou comme une fatalité. Des gouvernements l’ont construit, et bien souvent des gouvernements « socialistes » […]

« Les dirigeants de l’ERT ont été à l’avant-garde du soutien de mon idée. » C’est Jacques Delors , alors président (socialiste) de la Commission européenne, qui l’explique tranquillement : pour bâtir l’Europe, voilà avec qui lui s’est allié : avec l’ERT, l’European Round Table, qui rassemble 45 « capitaines d’industrie », les PDG de Total, Nestlé, Renault, Siemens, etc. […]

Ce petit matin de février 1993, tout le CAC 40 défile en haut des Champs-Elysées. De leurs voitures avec chauffeurs, descendent Lindsay Owen-Jones (PDG de L’Oréal), Didier Pineau-Valenciennes (Schneider), Vincent Bolloré, Jean Gandois (Péchiney), Louis Schweitzer (Renault), Jean-René Fourtou (Rhône-Poulenc), Bertrand Collomb (Lafarge), François Michelin, Francis Mer (Usinor), Guy Dejouany (Compagnie Générale des Eaux), Serge Tchuruk (Total)… À l’appel de leur ministre, Dominique Strauss-Kahn , trente-cinq patrons se rendent au siège de Publicis. Et à sa demande, encore, ils acceptent de verser 200 000 F chacun pour son futur « Cercle de l’Industrie  ». […]

On l’appellera bientôt le « big-bang de la finance ». Mais c’est de façon cachée que, en France, entre 1984 et 1986, se prépare cette déflagration. Pierre Bérégovoy exerce alors comme ministre des Finances (socialiste), et sa biographe Christiane Rimbaud explique : toutes les réformes qui seront entreprises, dont le grand inspirateur est Jean-Charles Naouri (alors directeur de cabinet), participent d’un plan d’ensemble et affirment leur cohérence. […]

Et qui était le prédécesseur de Macron à Bercy ? Pierre Moscovici. Vice-président du « Cercle de l’Industrie », il avait pris la relève de DSK à la tête du lobby patronal. (Fakir, 18/01/17)

Trésor et inspection générale des Finances, la caste des pantouflards

Dans la suite de la série entamée la semaine dernière, nous publions un nouvel extrait du livre noir des banques. Ce passage revient sur les allers retours incessants entre la haute administration de Bercy et les grandes banques. Et cite quelques cas emblématiques de pantouflage, dont les énarques de l’inspection générale des Finances se sont fait une spécialité. A la clé : collusion, consanguinité et conflits d’intérêts…

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Bercy et le Trésor, matrice de la pensée unique

Nous publions, avec l’accord des auteurs, une série d’extraits du livre noir des banques. Cet ouvrage, réalisé par Attac et Bastamag et paru en 2015 aux Liens qui Libèrent, dévoile de manière édifiante les errements et dérives des grandes banques françaises. L’impunité dont ces dernières bénéficient s’explique notamment par l’emprise inédite de l’industrie bancaire et financière sur la haute fonction publique et les sphères du pouvoir politique – que la crise financière n’a paradoxalement fait que renforcer.

L’extrait qui suit revient sur le rôle joué par le ministère des Finances et sa puissante direction du Trésor, à l’heure du capitalisme financiarisé. Y sont évoqués l’influence de l’administration de Bercy et le poids de ses haut-e-s fonctionnaires – et en particulier de l’inspection générale des Finances. En dépit des alternances politiques, ielles garantissent une continuité dans les décisions prises en matière de politique économique… pour le plus grand profit des banques.

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Collusion et pantouflage : quand le lobby bancaire met la main sur la haute administration

Hollande le souhaite : c’est un ancien de chez BNP qui va être nommé à la tête de la Banque de France et de l’autorité de contrôle des banques, si le Parlement l’approuve. Conflit d’intérêt ? Collusion ? Menace pour la régulation bancaire ? Une décision symbole de la porosité entre banquiers et instances chargées de leur contrôle, qui explique en partie le laisser-faire coupable et l’inaction des régulateurs et responsables politiques face à la finance. Enquête sur les ressorts de l’influence considérable du lobby bancaire sur la haute fonction publique et nos dirigeants politiques. (Bastamag 28/09/15)

«Nous avons eu le pouvoir, maintenant il nous faut l’argent»

« Dans la vie, il y a deux choses : le pouvoir et l’argent. Nous avons eu le pouvoir, maintenant il nous faut l’argent (12) », aurait expliqué M. Naouri lors de son départ du ministère de l’économie en 1986. Quelques mois plus tard, il créait un fonds d’investissement. En 2008, il devenait la 38e fortune de France. (Le Monde diplomatique, 01/04/09)