Bercy : une nomination qui tombe très mal

La nomination d’un ancien haut dirigeant de la Société générale en tant que directeur de cabinet du ministre des Finances Michel Sapin interroge. Surtout à l’heure où le gouvernement dit vouloir réduire l’influence des lobbies, et où, qui plus est, une décision importante sur l’affaire Kerviel concernant les finances publiques approche. (La Tribune, 12/07/16)

Une conseillère du ministre de l’Agriculture rejoint le lobby des semenciers

Anne-Laure Fondeur, après deux années passées au cabinet de Stéphane Le Foll, où elle a notamment cherché à promouvoir les « nouveaux OGM », rejoint le Groupement national interprofessionnel des semences (Gnis). Un organisme chargé de défendre « les intérêts de la filière semences ». (Reporterre, 28/07/16)

Encore un cas de pantouflage à l’Elysée

La fin du quinquennat approchant, les départs des cabinets sont de plus en plus nombreux. Une partie de ces départs se font vers le privé. Depuis le début du quinquennat, on compte huit départs d’un membre du cabinet de la présidence de la République vers une entreprise privée.

Partir vers le privé n’est pas le plus fréquent après la sortie de l’Elysée, et concerne un départ sur 10. Le dernier en date, selon l’Express, c’est celui de Julien Pouget, le conseiller économie de François Hollande à l’Elysée. Il devrait rejoindre Total, où un poste important lui aurait été proposé. Selon un relevé des 70 départs constatés, effectué par Libération, ce départ vers le privé vient en effet après celui de :

• Hervé Naerhuysen, ancien conseiller en politiques fiscales, vers la direction de ProBTP, groupe de protection sociale complémentaire ;
• David Kessler, ancien conseiller culture et communication, vers la direction d’Orange Studio ;
• Olivier Lluansi, conseiller industrie et énergie, qui est devenu conseiller du président de RTE et travaille maintenant chez EY, cabinet d’audit ;
• Axel Cavaleri, ancien chef adjoint du cabinet après avoir été directeur de cabinet de Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux Personnes handicapées et à la Lutte contre l’exclusion, vers la direction générale des Ateliers de l’accessibilité, une société de conseil sur les questions de handicap ;
• Xavier Piechaczyk, ancien conseiller transports et environnement, qui a rejoint le directoire de RTE, où il s’occupe des «Réseaux clients territoires» ;
• Laurence Boone, ancienne conseillère économie et finances, qui est devenue cheffe économiste pour la compagnie d’assurances Axa ;
• Jean-Jacques Barbéris, ancien conseiller affaires économiques, a rejoint Amundi, une filiale du groupe Crédit agricole, pour gérer les relations avec les banques centrales et les fonds souverains.

Pour chacun de ces transferts, il n’y a pas eu, semble-t-il, d’opposition de la commission de déontologie de la fonction publique. Les avis donnés par la commission aux membres de cabinets sont assortis d’une réserve«habituelle», explique celle-ci dans son rapport annuel, à savoir que les partants s’abstiennent «de toute relation professionnelle avec les membres du cabinet du Premier ministre qui étaient en fonction» en même temps qu’eux pendant trois ans. (Libération, 22/07/16)

Elysée: le conseiller Economie et Industrie de Hollande part chez Total

Un de moins au cabinet de François Hollande. Julien Pouget, le conseiller Economie, Industrie et Numérique, entré à l’Elysée il y a deux ans (à l’époque, comme simple conseiller à l’Industrie comme le détaille son CV en ligne), est sur le point de quitter ses fonctions pour rejoindre l’entreprise… Total, où un poste à haute responsabilité lui a été proposé. (L’Express, 20/07/16)

Barroso à Goldman Sachs : l’arbre qui cache la forêt

Vendredi 8 juillet, la banque d’affaires américaine Goldman Sachs a annoncé avoir engagé l’ancien président de la Commission européenne José Manuel Barroso pour la conseiller. Cette annonce a provoqué de vives réactions. Pour Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles, ça n’est pas moins qu’un «bras d’honneur à l’Europe». Dans son interview du 14 juillet, François Hollande a quant à lui jugé «moralement inacceptable» le recrutement de l’ancien président de la Commission par Goldman Sachs. Ce pantouflage spectaculaire est pourtant un arbre qui cache la forêt : à la Commission comme dans la fonction publique française, de tels allers retours entre administration et grandes entreprises sont monnaie courante.

José Manuel Barroso rejoint Goldman Sachs comme président non exécutif. (Crédits : Reuters) Lire la suite

Le contrôle du pantouflage des très hauts fonctionnaires, un feuilleton qui n’en finit plus

« La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique a été chargée de contrôler le départ vers le secteur privé des très hauts fonctionnaires, ont décidé le 6 juillet les sénateurs dans le cadre de l’examen du projet de loi Sapin II. Une nouvelle manifestation de la défiance des parlementaires envers la Commission de déontologie de la fonction publique. » (par Pierre Laberrondo, Acteurs Publics, 7 juillet 2016) Lire la suite

Pantouflage en Europe : le capitalisme de connivence

Nous  achevons notre série sur le livre noir des banques avec un dernier extrait sur le pantouflage dans les milieux politiques européens (« revolving doors » en anglais). Une pratique répandue, comme l’a montré le cas récent de José-Manuel Barroso : au terme de leur mandat, des femmes et hommes politiques rejoignent le privé pour vendre une influence acquise dans le public. Symétriquement, il arrive qu’on fasse appel, pour contrôler ou réformer la finance… à d’anciens banquiers.

ceo-carrousel2 Lire la suite